Pam Méliee | Photographe à Paris

Rencontre avec Drack Ryu

Séance photo créative au studio de Pam Méliee, photographe LGBT, mettant en avant un puppy avec le drapeau trans.

À l’occasion du mois des fiertés, j’ai eu envie de mettre en paillettes Drack Ryū, son art, son univers puppy et sa personne.

Drack Ryū est un·e artiste de Pupp Drag. À travers son personnage, iel mêle puppy et drag pour créer des performances à la fois artistiques, sensibles et militantes. Une pratique qui existe déjà pleinement et qui continue de trouver sa place dans les espaces queer et artistiques.

Comme le dit Drack Ryū, le puppy n’est pas une réalité unique. Pour beaucoup, c’est un espace d’expression, de liberté, de communauté et de confiance. Un univers multiple, vivant et en constante évolution.

Rencontre avec iel.

Pam : Pour les personnes qui découvrent ton univers : qu’est-ce qu’être puppy pour toi ?

 

Drack : Être puppy, pour moi, c’est avant tout un état d’expression et de liberté. Ce n’est pas uniquement une esthétique ou un rôle codifié, mais une manière d’habiter son corps différemment, de relâcher certaines pressions sociales et de se reconnecter à quelque chose de plus instinctif, plus spontané.

C’est un espace où l’on peut se détacher des attentes extérieures pour revenir à une forme d’authenticité, dans le jeu, dans le mouvement et dans la présence au moment. Il y a aussi une dimension de confiance et de lien, que ce soit avec soi-même ou avec les autres, qui rend cet univers très particulier.

Au quotidien, cela m’aide également à surmonter certains obstacles personnels, comme la timidité ou d’autres blocages. Le puppy me permet de me dépasser progressivement, d’explorer une autre façon d’être présent·e au monde et de transformer certaines fragilités en force.

Séance photo créative mettant en avant un puppy drag avec le drapeau trans.
Lors de notre shooting, tu as décrit le puppy comme une forme de drag.
Comment ces deux univers se rejoignent-ils pour toi ?

 

Je suis un·e artiste Pupp Drag : je mélange ma pratique du puppy play avec l’art du drag afin de créer des performances fortes, à la fois émotionnelles et militantes. C’est mon univers, et cela me permet de m’exprimer pleinement sur scène tout en partageant la scène drag au même niveau que les autres artistes.

Dans les deux cas, je vois une véritable forme de performance. Il y a une construction d’identité, une mise en scène de soi, et une volonté d’exprimer quelque chose de profondément personnel à travers un personnage ou une esthétique. Le point commun, c’est la liberté de transformer son image et de jouer avec les codes pour raconter quelque chose de soi autrement.

Même si le Pupp Drag est encore un mouvement émergent, il existe déjà pleinement. Il se construit progressivement, se développe, et trouve peu à peu sa place dans les espaces artistiques et performatifs.

Quelle est l’idée reçue ou le malentendu que tu aimerais déconstruire sur la communauté puppy ?

 

L’idée reçue principale autour de la communauté puppy, c’est de la réduire à une pratique uniquement sexuelle ou à un simple fantasme. Cette vision est très réductrice et ne reflète pas la réalité de ce que vivent beaucoup de personnes impliquées dans cet univers.

En réalité, le puppy play est un espace beaucoup plus large et complexe. Pour beaucoup, il s’agit d’une forme d’expression de soi, d’un moyen de relâcher des tensions, de jouer avec les codes sociaux, ou encore de créer du lien dans un cadre basé sur la confiance et le consentement. C’est aussi, pour certain·e·s, un véritable espace de communauté, d’échange et de soutien, où l’on peut se sentir compris·e et moins seul·e.

Ce que j’aimerais déconstruire également, c’est l’idée qu’il n’y aurait qu’une seule manière “légitime” de vivre le puppy. Il existe une grande diversité de pratiques, d’intentions et de vécus. Certain·e·s l’abordent de manière très intime, d’autres de façon sociale ou artistique, et d’autres encore dans une dimension performative.

Pour moi, il est important de rappeler que réduire cet univers à un seul prisme empêche de comprendre sa richesse. Le puppy est multiple, vivant, et en constante évolution, et c’est justement cette diversité qui en fait une culture à part entière.

Portrait artistique d'une personne queer puppy au studio de Pam Méliee Photographe.
Pourquoi était-il important pour toi de porter les couleurs du drapeau trans dans cette série ?

 

C’était important pour moi de porter les couleurs du drapeau trans dans cette série parce que mon identité fait pleinement partie de mon parcours, de mon vécu et de mon expression artistique. Dans un espace où l’image et le corps sont centraux, il me semblait essentiel de ne pas effacer cette dimension de qui je suis.

Ce geste n’est pas seulement symbolique, il est aussi personnel et politique. Personnel, parce qu’il représente une part de mon histoire et de mon cheminement. Politique, parce qu’il participe à rendre visibles des identités encore trop souvent marginalisées ou mal comprises, y compris dans certains espaces artistiques ou festifs.

Dans le cadre de cette série, où l’on explore le puppy et ses différentes formes d’expression, cela me semblait cohérent d’assumer pleinement cette visibilité. Cela permet aussi, je l’espère, à d’autres personnes trans de se reconnaître, de se sentir légitimes et de voir qu’iel·le·s ont leur place dans ces univers.

Au-delà de l’aspect militant, c’est aussi une manière d’affirmer simplement que toutes ces dimensions coexistent en moi : l’artiste, le puppy et la personne trans. Les montrer ensemble, c’est les rendre réelles, sans hiérarchie ni séparation.

Portrait d'un puppy, photographié par la photographe LGBT Pam Méliee spécialisée dans les séances photo créatives.

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